Les Pinceaux, ses principes

Un esprit d’atelier chercheur et en mouvement,
une confrontation constante à la matière,
une attention sensible à la rencontre.

 

Depuis 35 ans nous poursuivons un travail que nous appelons d’“atelier”, dans un lien à l’autre soutenu et vivant, nous faisons pas à pas un travail d’expérimentation réflexive, de recherche et de conceptualisation.

Nous avons fait le choix de nous consacrer exclusivement aux arts-plastiques car, en plus de notre appétence toujours renouvelée à les fréquenter, nous découvrons qu’ils nous offrent un champ d’exploration et des ressources inattendues à mettre au service des personnes en difficulté que nous accompagnons dans nos ateliers.

Les arts plastiques, susceptibles aujourd’hui de tout utiliser comme matériau, sont multiples, ils peuvent intégrer des matériaux traditionnels et imprévisibles, du matériel tangible et de l’immatériel, du permanent et de l’éphémère. Nous sommes convaincus que tous ceux qui désirent utiliser les médiations plastiques auprès des personnes en difficulté, sans les survoler, sans passer à côté de leur singularité et leur potentiel, se doivent de les pratiquer assidument, d’éprouver le plaisir de faire mais aussi l’incertitude de ses errances.

Cela nécessite de renouveler les expériences, de s’engager dans un processus personnel, de fréquenter les artistes, de lire leurs écrits et d’y réfléchir avec rigueur. Cela nécessite du temps. Du temps pour rentrer dans les « sollicitations formelles de la sensibilité », comme les appelle Paul Valéry, propres au champ des arts-plastiques.

Aux Pinceaux, nous construisons ainsi notre position éthique professionnelle sur une mise au travail permanente de trois questions fondamentales qui la fondent :
• interroger la spécificité de la médiation plastique, ce qui exige une pratique soutenue, une ouverture à la diversité des logiques internes des matériaux, techniques et procédés, une position de recherche et de curiosité sur son propre univers sensible et sur ceux des autres, semblables et différents ;
• essayer d’appréhender la dynamique psychique et la souffrance, celle qui nous inquiète, à laquelle nous sommes confrontés dans notre pratique, et qui nous conduit à élaborer une position respectueuse de l’expression singulière de chacun, sans normativité, ni savoir absolu, s’étayant sur des outils théoriques que nous avons choisis dans une perspective psychanalytique large et ouverte ;
• questionner notre position subjective, notre désir d’être animateur, art-thérapeute ou formateur, nos impasses et nos défaillances, notre subjectivité engagée dans la relation à l’autre.